samedi 24 janvier 2015

Je suis Charlie, mais...

Billet d'humeur :

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©Charles Daussat, 2015.

Fais pas le con, Charlie, on tient à toi !
Il ne faudrait pas que d'autres illuminés réussissent à te faire la peau pour de bon !

Mais quelle idée aussi de mettre ainsi de l'huile sur le feu justement cette semaine ! Ton humour jusqu'auboutiste, au second degré, comment pouvais-tu croire qu'il ne ferait pas de vagues incontrôlées ?

La douleur, le chagrin, la colère n'autorisent pas tout, Charlie. Tu es lu dans le monde entier aujourd'hui, et la culture des mosquées n'est pas très portée sur l'humour. Après tout, ta liberté s'arrête là où tu heurtes les convictions des autres, Charlie, pas seulement aux frontières de la loi.

Je te le dis, Charlie, on ne peut combattre l'intégrisme par un autre intégrisme.

Alors, retrouve vite l'esprit de Cabu et Wolinski.

Fais pas le con, Charlie !

©Pierre-Alain GASSE, 18 janvier 2015.

mercredi 10 avril 2013

"Saisons" par la Compagnie Fiat Lux


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Hier soir, le centre culturel de la Ville Robert, à Pordic, accueillait une des toutes premières représentations de la nouvelle œuvre de Didier Guyon, intitulée : "Saisons".

Le théâtre burlesque muet de la Compagnie "Fiart Lux" a ceci de commode qu'il est universel et peut tout aussi bien être présenté partout en Europe qu'au Moyen orient ou en Afrique du Nord.

Pourquoi pas à Pordic, donc ?

Cette fois-ci, il s'agit d'un voyage, dans le temps des saisons, de quatre personnages féminins, à la féminité un peu gommée, car toutes sont vêtues de salopettes, dans un camaïeu de beige. Chacune est individualisées par un détail, qui un bonnet de fourrure à oreilles, qui ses longs cheveux bruns bouclés, qui un air un peu demeuré, qui sa pétulance.

Le début est un peu déconcertant.

Sur un sol clair, quatre masses de draps entassés, dans les beige eux aussi, voisinent au centre de la scène. Le spectateur devine que les quatre personnages s'y cachent, mais il ne les perçoit pas encore. Et rien ne se passe.

Puis des doigts, des bras, des jambes se lèvent, retombent, se relèvent, retombent encore, avant que les personnages ne s'extraient de la gangue d'hiver dont ils étaient prisonniers.

Commence alors une sorte de ballet millimétré entre ces quatre personnages avec pour seuls accessoires, une petite échelle de bois, un baquet à lessive, les draps sus-mentionnés et quatre "peaux" d'étoffe recouvrant la scène que les "actrices" vont replier tour à tour pour passer d'une saison à l'autre. De glace hivernale, l'espace de la scène, deviendra ainsi terre printanière, sables brûlants, jonchée automnale, avant de redevenir étendue gelée.

Je ne vais pas raconter ici le détail de cette pérégrination, le jeu des oppositions, des alliances, des égoïsmes, des solidarités qui naîtront et mourront.

Il y a certes des effets attendus, des figures imposées, avec l'échelle, en particulier, mais sa transformation soudaine en table de festin et le pantagruélique repas de l'une face aux trois autres, condamnées aux miettes, est un morceau d'anthologie.

L'est aussi la revisitation prévertienne de "l'enterrement d'une feuille morte", précédée d'un massage cardiaque et d'un bouche-à-feuille hilarants.

L'est encore la joyeuse bacchanale automnale des vendanges ou la scabreuse traversée à gué de la rivière en crue.

Je ne voudrais pas oublier la délicieuse séance de patinage sur "drap" qui ouvre le cycle hivernal. Etc, etc.

Vous l'avez compris, voilà un spectacle, dont on peut discuter le dépouillement et le parti-pris chromatique, mais absolument pas la haute qualité technique (travail impeccable des quatre artistes Lucile Corbeille, Chloé Duong, Cécile Morelle et Frédérique Renda) ni l'immense poésie.

Pour terminer ce billet sur un à-peu-près, mille fois utilisé déjà, mais que l'on me pardonnera, avec Didier Guyon, une fois de plus "Lux fuit" !

Le public le savait, venu en confiance, et la salle, comble à l'ouverture du rideau, est repartie comblée.

©Pierre-Alain GASSE, 10 avril 2013.

jeudi 7 juin 2012

Une critique de "Soliloques"

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vendredi 4 mai 2012

Le changement, c'est maintenant !


Enfin presque. C'est dimanche.

Il est des circonstances où s'abstenir, c'est non seulement refuser de s'engager, mais faire le jeu de l'adversaire.

Et quand la partie est serrée, aucune voix ne doit faire défaut.

Alors, dimanche, tous aux urnes pour le changement !

samedi 20 mars 2010

Ma soirée avec Emmanuelle Urien et Sylvie Granotier


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Toute une soirée avec elles, j'aurais bien aimé, mais, hélas, je n'étais pas tout seul.

Une quinzaine de réfractaires à la consommation télévisuelle avait fait le déplacement chez la Noiraude* pour assister à cette causerie sur le thème prétendument accrocheur "du Polar au féminin", dans le cadre d'une célébration des littératures de l'engagement.

L'une a gagné la célébrité par ses nouvelles noires, mais vient de commettre son premier roman. L'autre écrit des polars et dit redouter la nouvelle.

Une génération les sépare.

Elles sont toutes deux charmantes.

Alors ?

Voici ce qu'elles disent, passé à la moulinette de mes mots à moi.

Question du meneur de jeu de la soirée, Jean-Marc Imbert : Quelle différence faites-vous entre le polar et le roman noir ?

Sylvie Granotier : en simplifiant, on pourrait dire que dans le polar, on cherche à savoir qui a tué et que dans le roman noir, on s'intéresse davantage aux motivations du tueur. Mais dans les deux cas, il y a observation critique de la société.

Question : Faut-il avoir l'esprit noir pour écrire dans ce genre ?

Emmanuelle Urien : Je suis personnellement optimiste, mais j'exprime une vision d'un monde noir dont je suis le témoin. Et d'autre part, nous sommes tous des monstres en puissance. Nous avons tous notre côté sombre.

Sylvie Granotier : Je crois qu'effectivement, on peut écrire des choses très noires sans l'être soi-même.

Question : Y a-t-il un "regard noir" féminin spécifique ?

Sylvie Granotier : De multiples lectures à l'aveugle ont montré qu'on ne peut déterminer le sexe d'un auteur à la simple lecture de ses écrits.

Emmanuelle Urien : Je me souviens que des jurés de concours de nouvelles ont souvent été étonnés en découvrant que j'étais à la fois jeune et de sexe féminin.

Question : Précisément, quelle est la place des femmes dans cette littérature ?

Emmanuelle Urien : Je dirais qu'elle tend à s'équilibrer, dans ce milieu comme dans d'autres.

Sylvie Granotier : À mes débuts, j'ai ressenti pas mal de condescendance de la part de mes collègues masculins.

Question : Nouvelles ou roman ?

Sylvie Granotier : le rapport au temps est différent. Entreprendre un roman, c'est devenir quelqu'un d'autre pendant six mois, un an, voire plus. Cela réclame davantage d'implication. Ça bouleverse le quotidien.

Emmanuelle Urien : la nouvelle cela s'écrit vite ou lentement, cela dépend. En entier d'une seule traite, rarement. Après des temps de latence, souvent. Parce qu'en général, au départ, je ne sais pas où je vais. Une situation, un contexte, un personnage va m'emporter comme je veux que le lecteur le soit, mais je ne sais pas encore comment.

Sylvie Granotier : je crois que les écrivains comme les sportifs ont chacun leur distance de prédilection ; moi c'est le roman, parce que j'adore fouiller, entrer dans les détails, laisser vivre mes personnages.

Emmanuelle Urien : cela ne veut pas dire que la nouvelle soit superficielle. Pour moi, elle doit même avoir plusieurs niveaux de lecture et savoir mener le lecteur "en bateau", comme le polar. Dans mon roman, les personnages ont l'air d'être des clichés, mais ce qui m'intéresse, c'est ce qu'il y a derrière ces clichés.

Question : Dans votre dernier ouvrage, Emmanuelle, "Tu devrais voir quelqu'un" comme dans "Double Je" de Sylvie en 2002, l'intrigue part d'un trio amoureux bien classique, non ?

Sylvie Granotier : dans le polar comme dans la nouvelle, la règle de base, c'est de ne pas ennuyer le lecteur, de faire qu'il ouvre le livre et ne lâche plus avant le point final, avec si possible une surprise en prime. Le reste n'est que... littérature.

Question : Comment expliquez-vous le succès de cette littérature "noire", polar, nouvelles, romans noirs.

Sylvie Granotier : la littérature dite "blanche", par opposition, a un peu perdu son âme avec et après le "nouveau roman" où la forme a supplanté le fond. Le roman a dédaigné la description de la société - qu'il pratiqua avec tant de succès au XIXe - pour s'abîmer dans l'autofiction.

Emmanuelle Urien : Tandis que dans le polar, l'intrigue est prétexte a un regard sur la société.

Sylvie Granotier : Oui, l'auteur de "noir" a un point de vue sur le monde.

Quelques considérations plus tard, la conversation s'achève, un verre à la main, tandis que les deux auteures dédicacent leurs ouvrages.

Je me fais connaître et rappelle à Emmanuelle Urien nos participations aux mêmes concours de nouvelles, quelques années en arrière. Elle se souvient de m'avoir lu. Je l'en remercie. Une seule différence : ces concours, elle les a tous gagnés ou presque. Et moi, un seul.

La jeunesse est parfois désespérante, non ?

Mais sa dédicace est pleine d'encouragements.

  • La Noiraude : créé en 1999 à l'initiative de Frédéric Prilleux, « La Noiraude » est le fonds spécialisé de nouvelles noires et policières de la médiathèque de l'Ic à Pordic (Côtes-d'Armor).

mercredi 12 août 2009

Marée verte en Bretagne - Plage de Bon Abri - Hillion (22120)


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— Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?

— Hélas, je ne vois rien que la plage qui verdoie et notre monde qui merdoie !!

vendredi 28 mars 2008

Le Prix Alexandrie 2008 de la Nouvelle


"Haru Asakaïdo..." est une nouvelle dont les moteurs sont l'exotisme, l'ésotérisme, le passéisme et un certain maniérisme. Assurément à contre-courant de bien des tendances actuelles. Elle méritait donc d'être saluée pour son originalité. Originalité d'un thème savant, naturaliste presque, le saturnisme chez les peintres du Japon ancien, qui fait l'objet d'un traitement tout en délicatesse, à l'image de la peinture d'estampe.

Ceci dit, j'ai trouvé à la lecture - au-delà des diverses imperfections formelles qui nuisent à l'impression de légèreté recherchée - un goût finalement mièvre, sans doute dû à l'insistance obstinée de l'auteur à nous sublimer la voie du renoncement choisie par les héroïnes, mais aussi aux caractéristiques données à celles-ci, qu'il s'agisse de Gofun ou de Haru.

Bref, pour apprécier Haru Asakaïdo, il faut non seulement avoir l'esprit zen, mais aimer la brume, le flou, l'éthéré, l'immatériel...

C'est sans doute une lecture pour initiés qui ravira ceux qui ont les clés d'entrée dans ce monde et laissera les autres désorientés devant des formulations, parfois plus absconses que poétiques.

Rendons grâce à Jean-Luc Flines, il y a de très bons passages (en particulier le poème final).

Et disons, à l'adresse du Jury, que mettre sur le même plan, des textes de quelques pages ou quelques dizaines de pages et des recueils entiers c'est, toutes proportions gardées, vouloir comparer Le Grand Meaulnes ou La Princesse de Clèves avec La Comédie Humaine !

dimanche 11 novembre 2007

11 Novembre : Le souvenir perdu


Jouy-le-moutier

D'année en année, je m'interroge sur le sens de cette journée de commémoration.

Alors qu'il ne reste plus que deux survivants français de cette boucherie fratricide, les photos des disparus jaunissent dans les albums ou les boîtes à gateaux et bientôt cette guerre ne sera plus que dans les livres, sur les monuments et ici et là dans les blessures du paysage.

Faudra-t-il alors conserver ce jour férié ?

La guerre est hélas consubstantielle à l'homme depuis que le monde est monde : Il en est de justes et d'injustes et leurs horreurs croissantes n'ont jamais dissuadé les fous, les tyrans et les usurpateurs d'en entreprendre de nouvelles ni les opprimés de se soulever pour gagner leur liberté.

Commémorer un armistice n'augure en rien de l'issue des conflits en cours ou à venir.

C'est du courage de négocier et de la volonté d'aboutir à des compromis dont nous avons besoin.

C'est à une journée de la Concorde et de la Fraternité que j'aspire.

Pierre-Alain GASSE

jeudi 26 avril 2007

J-10


J'ai beaucoup hésité, car je n'aime pas le mélange des genres.

Mais l'enjeu est d'importance et il est des moments où se taire serait être fautif.

Alors, puisque je dispose de cette tribune, aussi minuscule soit-elle, et même si elle ne devait servir qu'à orienter une seule décision, je vous livre les réflexions qui emportent mon choix pour le 6 mai prochain :

  • Je ne veux pas pour mon pays d'une société de la peur, de la division, du rejet.
  • Je ne veux pas pour mon pays d'un chef brandissant les tables de la Loi comme autant de menaces.
  • Je ne veux pas pour mon pays d'un homme qui tente de mettre la France au service de son destin personnel.
  • Je veux une France pacifiée, fraternelle, équitable ;
  • et je crois que tout commence par l'école et l'emploi :
    • l'école de la République, creuset de la citoyenneté et de la fraternité ;
    • l'emploi, source de la dignité et de la responsabilité.
  • Je ne veux pas d'une france donneuse de leçons, prisonnière de son passé et de ses habitudes.
  • Je veux que dans ce pays, on se parle avant de se mettre en grève, que les patrons considèrent leurs employés et leur donnent une juste part des bénéfices de leurs sociétés.
  • Je veux plus de morale dans les affaires publiques et privées.
  • Je veux que le sens de l'intérêt général prime sur les intérêts particuliers.

Oui, je sais, je rêve un peu, sans doute...

Mais je veux que revienne le temps de la confiance et s'achève celui de la suspicion, du chacun pour soi et de la violence.

Je crois aussi que le temps des femmes en politique est venu et que la France s'honorera de confier à l'une d'elles sa représentation nationale.

Enfin, je crois que celle qui se présente à nos suffrages a fait la preuve de ses capacités à conduire une politique humaniste, volontaire, libérée des dogmes et résolument tournée vers l'avenir.

C'est pourquoi je voterai et appelle à voter pour Madame Ségolène ROYAL, dimanche 6 mai pour l'Élection à la Présidence de la République.

Pierre-Alain GASSE