mercredi 16 mai 2018

Le Vieux qui ne voulait pas oublier - Voyage en Nostalgie - Étape 12


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Ce dimanche 11 août 1996, j'ai voulu revoir Domme, sa bastide et sa grotte avant de poursuivre jusqu'à Saint-Antonin-Noble-Val. On descend à la grotte depuis le côté du bâtiment que vous voyez, en plein milieu de la place Ce n'est pas banal, avouez ! Le plus souvent, les entrées des cavités souterraines se trouvent en pleine nature.

Pour les détails, voyez ici, chapitre XVIII.

(à suivre)

dimanche 13 mai 2018

Le Vieux qui ne voulait pas oublier - Voyage en Nostalgie - Étape 11


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Je ne sais trop pourquoi j'ai choisi cette vieille photo pour illustrer ma dixième étape ; il y a plus beau à Sarlat-la-Canéda. Un petit coup de blues, sans doute ; cette lanterne des morts m'a ramené au souvenir de Jeanne, voilà tout.

Pour les détails, voyez ici, chapitre XVII. (à suivre)

jeudi 10 mai 2018

Le Vieux qui ne voulait pas oublier - Voyage en Nostalgie - Étape 10


Hier soir, en bordure de mon campement, j'ai assisté à un joli spectacle : une famille de lapins de garenne, en plein repas ! Hélas, j'ai bougé et ils n'ont pas tardé à détaler pour rejoindre leur rabouillère !

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Pour les détails, voyez "Le Vieux qui ne voulait pas oublier", chapitre XVI.

(à suivre)

mardi 8 mai 2018

Le Vieux qui ne voulait pas oublier -Voyage en Nostalgie - Étape 9


Neuvième étape de mon Voyage en Nostalgie. J'arrive en Aubrac, près de Nasbinals. (cf. chap. XV). Passé Montgrousset, un modeste lac apparaît : le lac des Salhiens. C'est son exutoire que voici qui alimente la cascade proche du Déroc. Au pied du bois que vous voyez au fond, j'ai monté ma tente, ce 9 août 1996, quarante-et-un ans après la première fois avec Jeanne !

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(à suivre)

Tous les détails sont ici :

dimanche 6 mai 2018

Le Vieux qui ne voulait pas oublier - Voyage en Nostalgie - Étape 8


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J'aurais pu illustrer cette étape de bien des manières, mais le plus spectaculaire, à Ruynes-en-Margeride (cf. chap. XIII), c'est sans conteste le viaduc ferroviaire de Garabit qui enjambe la Truyère. Construit entre 1880 et 1884 par Gustave Eiffel, dans les années de mon premier passage ici il a été repeint d'un rouge poinsettia qui ne passe pas inaperçu ! ©©

(à suivre)

Tous les détails sont ici :

dimanche 29 avril 2018

Le Vieux qui ne voulait pas oublier -Voyage en Nostalgie - Étape 7


Bonjour l’Auvergne (cf. chap. XII) ! C'est une région où nous sommes souvent venus, Jeanne et moi, en location l'hiver ou au printemps, en camping l'été. Ce panorama doit dater des années 80. Il s'agit du petit village de Chastreix, à 7 km au nord de Saint-Donat et à proximité du Puy de Sancy.

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Tous les détails sont ici :

(à suivre)

jeudi 26 avril 2018

Le Vieux qui ne voulait pas oublier - Voyage en Nostalgie - Étape 6


Me voici enfin parvenu dans le village berrichon de Gargilesse (cf. chap. XI), célèbre, entre autres, pour avoir été le refuge de George Sand, pendant quelques années, à partir de 1857. Ceci est la modeste demeure que son amant d'alors, le graveur Alexandre Manceau acheta et fit aménager pour elle (©D. Jolivet). Elle fut nommée Villa Algira, du nom d'un papillon africain. Jeanne admirait le personnage pour sa liberté et l'auteur pour ses romans de jeunesse.

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(à suivre)
Tous les détails sont ici :

mercredi 25 avril 2018

Le Vieux qui ne voulait pas oublier - Voyage en Nostalgie - Étape 5


C'est une étape imprévue (cf. chap. X) que celle d'aujourd'hui qui m'amène à Saint-Julien l'Ars, à 20 kilomètres à l'est de Poitiers. Une durite de ma vieille DS19 cabriolet a lâché et je dois attendre l'arrivée de la pièce de rechange. Et me voilà logé pour 24 heures chez l'habitant - une ancienne bouchère qui a transformé sa boutique en logement - Une rencontre qui va

s'avérer importante pour la suite, mais je ne le sais pas encore... 

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(à suivre)
Tous les détails sont ici :

mardi 24 avril 2018

Le Vieux qui ne voulait pas oublier - Voyage en Nostalgie - Étape 4


Cap à l'Est. Mon étape d'aujourd'hui nous emmène dans le Berry, à Gargilesse (cf. chap. VIII), le village cher à George Sand. Mais, avant d'arriver, je me suis arrêté au château de la Prune au Pot. Vous savez, si vous m'avez lu, que j'avais des raisons particulières pour cela. Je viens de retrouver une de mes premières photos couleur, de quand Jeanne et moi y avions emmené Paul en chantier de patrimoine. C'était une ruine.

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(à suivre)
Tous les détails sont ici :

lundi 23 avril 2018

Le Vieux qui ne voulait pas oublier - Voyage en Nostalgie - Étape 3



Cette plage et ce bois de l'île de Ré sont célèbres : ils ont été immortalisés en 1962 par Jacques Mareuil et Charles Aznavour. Le nom évocateur a fait imaginer au parolier une chanson où les héros "conjugueraient le verbe aimer", mais l'origine du nom Trousse Chemise serait toute autre. Regardez ici : http://www.rtl.fr/actu/conso/charles-aznavour-et-trousse-chemise-l-hymne-de-l-ile-de-re-7779223311.Quoi qu'il en soit, en juillet-août, pas plus que Jeanne et moi, n'espérez y trouver calme et tranquillité pour vos ébats (cf. chap. VII) !

(à suivre)

Tous les détails sont ici :

dimanche 22 avril 2018

Le Vieux qui ne voulait pas oublier - Voyage en Nostalgie - Étape 2


Nous voici à ma seconde étape ( cf. chap. IV) : Le Croisic, dont on voit ici les quais et le centre depuis la presqu'île de Pen Bron, qui lui fait face, de l'autre côté du Traict. Jeanne et moi aimions beaucoup venir y marcher.


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(à suivre)
Tous les détails sont ici :

samedi 21 avril 2018

Le Vieux qui ne voulait pas oublier - Voyage en Nostalgie - Étape 1


Puisque vous me faites le plaisir de vous intéresser à mon "aventure", je vais partager avec vous quelques-uns des clichés qui s'y rapportent. Vous excuserez la qualité "amateur" de certaines de ces photographies, elles ont plus de quarante ans pour les premières. Commençons par le commencement : la plage de Bréhec, où j'ai rencontré Jeanne (cf. chap. III). Ce cliché a été pris par un ami, Eusebius, un dimanche d'hiver, il y a quelques années. L'été, hélas, des algues vertes enlaidissent souvent la plage ces derniers temps.

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(à suivre)

#roman #voyage #Amazon #France #levieuxquinevoulaitpasoublier

Tous les détails sont ici :

Introduction au voyage de Pierre Marchand, "Le Vieux qui ne voulait pas oublier"



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À partir d'aujourd'hui, je vais essayer de vous faire revivre, en images, mon parcours mémoriel durant le mois d'août 1996, il y a plus de vingt ans déjà. Vous l'avez, grossièrement représenté, sur la carte ci-dessus.

Tous les détails sont ici :

dimanche 1 avril 2018

Le Vieux qui ne voulait pas oublier - Synopsis


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lundi 26 mars 2018

Nouveau roman !



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La version E-book est en préparation.

vendredi 9 mars 2018

Nouveautés 2018 sur Nouvelles, nouvelles...


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Une nouvelle entrée est apparue dans le sommaire du site "Nouvelles, nouvelles..." : ROMANS

Elle présente les quatre ouvrages de ce genre de l'auteur.

Elle vous permettra d'accéder, pour l'instant, aux trois qui sont achevés, de deux manières différentes :

- gratuitement en ligne et en HTML, en cliquant sur le titre de l'ouvrage ; - en accès payant volontaire de 3€ par titre, en cliquant sur l'image associée à celui-ci.

Un lien Paypal vous permettra de contribuer par votre participation à la permanence du site, qui entre dans sa 21e année, mais qui a dû être transféré chez un hébergeur payant.

Merci d'avance.

mercredi 10 janvier 2018

Statistiques 2017

Comme chaque année, voici le top 10 des nouvelles les plus consultées sur "Nouvelles, nouvelles..., le site HTML de l'auteur :

  1. Le Voyage de Clémentine 302
  2. Bénédicte et les Adorateurs de Priape 169
  3. Au fond du trou 163
  4. Le Testament 107
  5. La Prof 109
  6. Le Bracelet damasquiné 85
  7. Retour perdant 79
  8. Bonne nouvelle 78
  9. La Petite culotte de soie 76
  10. Monsieur Faber et moi 69

Par pays, sur un total de 1801 visites, en progression de 19 % par rapport à 2016, le classement est le suivant :

  1. France 704
  2. Canada 301
  3. Etats-Unis 267
  4. Maroc 74
  5. Belgique 61
  6. Algérie 58
  7. Tunisie 46
  8. Suisse 31
  9. Mexique 27
  10. Russie 25

représentant 88,5 % du total des visites.

Merci à tous !

Adieu 2017 ! Bienvenue 2018 !

Le temps des bilans est venu.

Littérairement parlant, l’année qui s’achève aura été pour votre serviteur une année de transition et de changements.

Une année de parution aussi, néanmoins.

Transition entre deux écritures : celle du tome 2 de L’Indonésienne, intitulé La Prisonnière de Rikers Island, qui cherchera éditeur en 2018 et celle, en cours, d’un road novel, qui devrait porter le titre de Voyage en Nostalgie, avec le sous-titre suivant : Le Vieux qui ne voulait pas oublier.

Changement, car j’ai récupéré les droits de L’Indonésienne, en raison d’une modification des statuts de la maison d’édition et de la révision à la baisse des contrats qui l’accompagnait.

Parution tout de même, d’un petit ouvrage édité par l’Association culturelle Un Livre pour Pordic, dans le cadre du centenaire de la Première Guerre Mondiale. Il s’agit de Mon dernier été ou La Courte guerre du soldat Louis Duchesne, un récit qui retrace la vie tronquée de ce soldat du rang d’un département qui s’appelait encore « Les Côtes-du-Nord ».

Au total, c’est donc une année en demi-teinte.

Puisse 2018 qui s’avance en confirmer les promesses !

Bonne année de lectures à toutes et tous.

mardi 3 novembre 2015

L'arbre à livres


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Sympathique inauguration mercredi dernier à St-Quay-Portrieux (Côtes d'Armor) : l'arbre à livres ou à lire, comme on voudra, du Parc de la Duchesse Anne. Une belle initiative de la nouvelle municipalité, à encourager et multiplier, sur le principe anglo-saxon du cross-booking.

Nous étions une poignée d'auteurs costarmoricains présents et près de deux cents personnes à assister au dévoilement de la fresque de la jeune et talentueuse artiste Anna Kropiowska.

mercredi 2 septembre 2015

Work in progress - Trois cyclistes si sexy... - Nouvelle noire

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Côte de Goëlo

Je circulais sur la route côtière dites des falaises de Plouha, dans les Côtes d'Armor, à l'époque où ce département s'appelait encore "Côtes-du-Nord", pour le plus grand étonnement des étrangers, surpris de trouver le nord si à l'ouest !

Au volant d'un Range Rover Classic récemment acquis, je roulais à faible allure, afin de mieux apprécier la splendeur du paysage. Le jour déclinait et le ciel s'était déjà enflammé de rouge, d'orange, de carmin, de violine qui le disputaient à l'azur. Une farandole de nuages bas occultait à demi le disque rougeoyant du soleil.

Ramenant mon regard sur la route, je perçus un point mobile, là-bas tout devant. La curiosité me fit accélérer. Je me rapprochai bientôt.

C'était une jeune fille à vélo, jambes nues, jupe au vent, chevelure blonde sur les épaules, qui dodelinait de la tête en pédalant. Me rapprochant encore, je vis qu'elle écoutait un Walkman et ne m'avait pas entendu arriver.

De la main droite, j'attrapai mon Leica M3, toujours à côté de moi sur le siège avant, et lâchant le volant quelques instants, cadrai, à travers le pare-brise, la route avec la jeune fille dans le coin supérieur gauche, avant de déclencher.

Soixante mètres, quarante... Je mis mon clignotant et m'apprêtais à la dépasser. Nous étions proches d'un endroit où la route tutoie le vide. Un à-pic d'une centaine de mètres.

J'allais me déporter sur la gauche pour doubler quand, au dernier moment, je lâchai à nouveau le volant, laissant mon véhicule décider de sa trajectoire.

Il y eut un bruit sec lorsque l'extrémité droite de mon pare-buffles entra en collision avec le garde-boue arrière de la cycliste.

Sous le choc et l'énergie cinétique développée, celle-ci fut éjectée, décrivit dans les airs une élégante parabole de pantin articulé avant de rebondir sur un rocher en saillie et s'abîmer cent mètres plus bas dans les flots calmes de la mer étale, en créant deux séries de cercles concentriques : la première pour le corps, la seconde pour la bicyclette, à quelques fractions de seconde d'intervalle.

En panique, je réussis malgré tout à reprendre le contrôle du volant pour ramener mon automobile dans le droit chemin et éviter de suivre la cycliste dans sa chute,  mais je dus me garer un peu plus loin, sur la banquette, tant la poussée d'adrénaline avait été forte...

Ce 20 septembre 1980, à 19h 16 exactement, par un hasard quelque peu provoqué, je venais de renverser ma première cycliste. 

C'était pour moi, Grégoire Samzun, trente ans, célibataire, photographe ambulant, le début d'un étrange et horrible itinéraire du poids duquel je veux me libérer aujourd'hui.

II

Marais de Guérande

La deuxième fois que j'ai fauché le destin d'un d'autre, c'était dans les marais salants de Guérande, au petit matin, quelques années plus tard.

J'avais dormi dans mon véhicule, sommairement aménagé à cet effet, garé sur un placis gravillonné à côté d'une guérite de vente de sel, sur la route qui va de Batz-sur-Mer à la Turballe à travers les marais salants.

C'était la mi-août. Un jour radieux s'annonçait et les camions et camionnettes des livreurs circulaient affairés à porter leurs commandes dans les commerces des bourgades environnantes. La plupart avaient emprunté la grand-route, mais quelques-uns, comme moi, serpentaient entre les œillets des salines.J'avais embrayé derrière l'un d'eux pour me rendre à la première boulangerie acheter des croissants, quand, débouchant d'une voie latérale, une cycliste en cuissard et maillot jaune fluo assortis, me coupa la route, brûlant le stop pour ne pas briser sa vitesse.

Silhouette affûtée, vêtements moulants, son corps tendu par l'effort dégageait une impression de force facile et d'harmonieuse fluidité. Soudain, jaillit en moi la réminiscence de l'épisode de Plouha, aussi impérieuse qu'inattendue.

Je la suivis à distance pendant un kilomètre ou deux. Jusqu'au moment où la route présente une succession de virages serrés. Alors j'accélérai, tout en prenant un cliché superbe de l'ensemble que le paysage et elle formaient dans l'aube naissante. Elle coupait la troisième courbe lorsque je l'atteignis. L'instant d'avant le choc, elle a tourné la tête vers mes vitres teintées, inquiète de ce bruit qui se rapprochait et j'ai perçu un sourire qui se déformait.

Une onde de plaisir m'envahit au moment où je la percutai, l'envoyant voltiger dans la vase de l'étier, en contrebas du tas de sel d'un paludier, tandis que s'envolait dans le ciel bleuissant le petit peuple du marais, foulques, tadornes, spatules, et un héron cendré.

Nous arrivions à une fourche et nos destins se séparaient. Le mien filait vers Batz-sur-mer. Le sien venait de se briser.

III

Queyras

Furieux contre moi-même de n'avoir pas su résister à ce terrible instinct meurtrier, mais trop lâche pour en assumer les conséquences, dans les heures suivantes, j'ai traversé la France en diagonale, pour aller me cacher au fin fond du Queyras, à une portée de fusil de la frontière italienne.

À Guillestre, dans une agence qui s'est trouvée sur ma route, j'ai loué, sur la foi de quelques photographies, une fuste sommairement restaurée, plus haut dans la vallée, entre Molines et Saint-Véran.

De là, j'ai continué mon métier, allant de village en village photographier bêtes et gens, dans leur cadre de vie, la montagne toujours si belle.

Les débuts ont été difficiles. J'ai dû me contenter de peu. Mais ces lieux ont ceci de magique que, plus qu'ailleurs, on y apprend la valeur de l'essentiel.

On a fini par m'adopter, sans trop me questionner. Les gens d'ici, tradition protestante oblige, sont des taiseux à qui l'Histoire a appris à garder leur passé pour eux. C'est ainsi que le mien s'est estompé peu à peu dans ma tête.

Et puis, l'an dernier, j'ai réalisé une exposition de portraits géants des habitants d'un village voisin. Tirés sur toile, placardés sur les murs des maisons et bâtiments, outre réconcilier hommes, femmes et enfants, avec leur image sublimée par le noir et blanc, elle a finalement attiré la foule de toute la contrée et même au-delà.

Prévue au printemps pour un mois, elle a été prolongée jusqu'à l'arrivée des premiers frimas.

Le succès m'a rattrapé. Radios et télés sont arrivées. Vanité aidant, je me suis laissé interviewer. 

À la suite de la publication de ces reportages, j'ai reçu de divers coins de France, de la part de mairies en mal de publicité, des invitations à venir tirer le portrait de leurs administrés.

Et moi, comme un con, au lieu de continuer de vivre peinard dans ces montagnes qui m'avaient apporté l'oubli, j'ai repris la route. 

IV

Dernière ligne droite

Et ce qui devait arriver arriva.

C'était septembre. Je circulais alors sur la Côte d'Opale, entre Berck et la frontière belge, profitant d'une exceptionnelle semaine de beau temps, dans une région qui n'est pas réputée pour son soleil. 

J'avais écarté le restaurant panoramique vieillot du Mont d'Hubert pour déjeuner dans une avenante auberge du bourg d'Escalles et projetais de redescendre vers Le Tréport et ses falaises en suivant la côte au plus près. Ce parcours d'une centaine de kilomètres me prit l'après-midi entière, la lumière extraordinaire de cette fin d'été m'amenant à de nombreux arrêts en différents points de la côte pour des clichés qu'on ne réussit pas tous les jours.

Cela s'est produit entre Les Terrasses du Tréport et Criel-Plage, là où la route longe une zone vide d'habitations, au plus près des hautes falaises de craie.

J'avais dû abaisser le pare-soleil, pour ne pas être ébloui par les premières lueurs du couchant et tenter de conserver le cap plein ouest de la route. Mais l'astre était si bas que j'y parvenais avec peine et une fois déjà j'avais failli perdre ma trajectoire.

Soudain, je la perçus dans le halo de lumière qui m'éblouissait. Elle circulait en short et petit haut sur un vélo pliant, dont le développement réduit ne lui permettait pas d'avancer bien rapidement. Ses jambes fuselées avaient beau mouliner, par rapport à moi c'était presque comme si elle faisait du sur-place !

Je ne l'ai pas touchée. Juste serrée d'un peu trop près. Le déplacement d'air causé par la masse en mouvement de mon véhicule a suffi.

Déséquilibrée par le souffle, ses mains ont quitté son guidon pour faire balancier. C'est l'instant que j'ai saisi dans mon viseur.

Celui d'après, elle traversait la berme sans pouvoir s'arrêter et disparaissait de la route. Je n'ai perçu ensuite qu'un long cri réverbéré par la falaise.

Deux minutes plus tard, j'entrais dans le village de Criel.

V

Voyage intérieur

J'ai compris, par la suite, que c'est une conjonction de circonstances précises qui déclenche en moi cette irrépressible pulsion assassine : les couleurs de l'aube ou du crépuscule, tout d'abord, une route isolée ensuite, une silhouette féminine attirante enfin. À vélo.

Il m'a fallu du temps encore pour élucider ce dernier point. Pourquoi des cyclistes ? J'ai eu beau fouiller mes souvenirs, je n'y ai pas retrouvé beaucoup de femmes à bicyclette autres que ma mère. Première image : moi sur son porte-bagages, en amazone, accroché aux ressorts de la selle. Je devais avoir sept ans. C'était la fin des années cinquante.

Comment est né ce fantasme, alors ? Les livres ? Le cinéma peut-être ? J'ai conscience ensuite d'une couverture de livre d'une collection enfantine : Martine à bicyclette, je crois. Emprunté à la collection de ma défunte petite sœur. D'un autre aussi, bien plus tard, au début des années 80 : La Bicyclette bleue, de Régine Deforges. Et de Laetitia Casta, incarnant l'héroïne, dans les téléfilms éponymes. Je n'étais pas insensible à son charme. Serait-il possible, alors ...? Ah, une chanson aussi : l'incontournable À bicyclette, chantée par Yves Montand. C'est bien peu et le tout doit flotter dans l'imaginaire de bien des gens. Alors, pourquoi cela a-t-il entraîné cet horrible et cataclysmique passage à l'acte chez moi ? Serais-je donc d'une nature mauvaise et perverse ?

Peut-être ne sont-ce pas des raisons inconscientes de commettre ces actes qu'il faut que je cherche, mais bel et bien le contraire !

J'aurais pu, par exemple, écarter sciemment de renverser des conductrices au détriment de cyclistes parce que sur une automobile les traces d'impact sont bien plus importantes que sur un vélo ? Et donc, les probabilités d'être identifié plus grandes. Dans sa folie même, cette hypothèse m'apparut d'une logique certaine.

Mais non, je refusais de croire qu'il y avait en moi un instinct criminel. Tout juste voulais-je bien admettre que j'étais sujet à des pulsions malsaines.

À ce stade, je dus reconnaître que j'avais besoin d'aide, et au terme de longues tergiversations, je me décidai à consulter un psychanalyste.

Dans l'annuaire de la ville où j'étais, il y en avait deux : un homme et une femme. Devinez lequel j'ai choisi.

Je me suis donc présenté chez elle sous une fausse identité - mon nom maternel, en fait - et nous avons commencé une analyse, à raison d'une séance par semaine. J'ai plus ou moins refait sur son canapé le cheminement que j'avais entrepris en solitaire, dévidant l'écheveau embrouillé de mon passé. Jusqu'à ce jour lointain de ma petite enfance :

VI

Point de rupture

J'avais cinq ans. Mon père était menuisier-charpentier et je pénétrais avec un mélange de crainte et d'admiration dans l'atelier quand vrombissaient les machines. L'énorme scie à ruban, la dégauchisseuse-raboteuse et la mortaiseuse.

J'ai encore dans les oreilles le crescendo des lames, ciseaux et mèches progressant dans le sapin, le chêne ou le châtaignier des fermes, pannes, chevrons et voliges que mon père travaillait.

La scie à ruban avec ses deux volants de fonte était celle qui m'impressionnait le plus. La plus dangereuse aussi. À l'époque, la sécurité était encore balbutiante sur ces machines : il n'y avait aucun carter pour empêcher la lame de sortir de son axe. J'en ai vécu l'expérience, hélas. 

Ce jour-là, alors que je venais d'entrer, un nœud dans le bois, plus résistant que les autres, fit se cabrer la lame ; il y eut un bruit sec et, soudain libérée de son entraînement, une extrémité s'en alla faucher net la tête de mon père, penché sur son ouvrage pour guider la pièce en cours de sciage.

Des flots de sang rouge sombre avaient jailli des veines jugulaires et d'autres rouge vif des artères carotides, tandis que sa tête tombait dans la sciure et les copeaux odorants au pied de la machine, envoyant rouler un peu plus loin le béret qui le coiffait. Et son corps, toujours arc-bouté sur son ouvrage !

Après un temps indéterminé de stupeur tétanisée, je m'étais enfui vers la maison !

Épilogue

Jusqu'à ce jour, je n'avais pas conscience d'avoir assisté à cette scène d'horreur. Je restituais un récit édulcoré que je croyais fourni par mes proches, alors que c'était moi qui l'avait fabriqué.

Je ne suis pas retourné chez la psy. Je ne veux pas faire face au rapport immanquable entre ce drame refoulé et les événements postérieurs qui sont survenus.

Pourtant, il faut bien que tout cela s'arrête. 

Depuis longtemps, dans une enveloppe scellée, sur ma table de travail, il y avait trois photographies en noir et blanc. Je les ai postées il y a trois mois au Procureur de la République.

À présent, j'attends.

J'ai vendu mon vieux 4x4. Je ne circule plus qu'à bicyclette, le soir ou à l'aube, sans casque ni lumière.

La justice ou le destin me rendront bien un jour la monnaie de ma pièce.

©Pierre-Alain GASSE, août 2015.

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